Amo molto questa lettera che Victor Hugo inviò a Juliette Drouet, nella quale rinnova il ricordo della loro prima notte d’amore, tra il 17 e il 18 febbraio 1833. Lo scrittore evoca l’intimità segreta del loro incontro, contrapponendo la silenziosa felicità condivisa al tumulto del carnevale parigino. Nelle strade il clamore del martedì grasso, dentro la stanza due corpi che si scoprono e si promettono l’un l’altro. Le sue parole riaccendono una passione destinata a non avere mai forma ufficiale, ma non per questo meno intensa o duratura.
“T’en souviens-tu, ma bien-aimée? Notre première nuit, c’était une nuit de carnaval, la nuit du mardis-gras de 1833. On donnait je ne sais dans quel théâtre je ne sais quel bal où nous devions aller tous les deux, et où nous manquâmes tous les deux. (J’interromps ce que j’écris pour prendre un baiser sur ta belle bouche, et puis je continue.) Rien, pas même la mort, j’en suis sûr, n’effacera en moi ce souvenir. Toutes les heures de cette nuit-là traversent ma pensée en ce moment l’une après l’autre comme des étoiles qui passent devant l’œil de mon âme. Oui, tu devais aller au bal, et tu n’y allas pas, et tu m’attendis, pauvre ange que tu es de beauté et d’amour. Ta petite chambre était pleine d’un adorable silence. Au dehors, nous entendions Paris rire et chanter et les masques passer avec de grands cris. Au milieu de la grande fête générale, nous avions mis à part et caché dans l’ombre notre douce fête à nous. Paris avait la fausse ivresse, nous avions la vraie.”
(Victor Hugo à Juliette Drouet, février 1841)








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